Marieke Vervoort: «Grâce à mes papiers pour l’euthanasie, j’ai trouvé la paix »

 

Marieke Vervoort, grande dame, amène de la plus belle des manières la preuve qu'être en possession du droit à l'euthanasie peut donner la paix dont l'âme à parfois besoin pour se surpasser. Un exemple qui motive à poursuivre le débat mené, entre autres, sur ce blog dédié à Edith. Les souffrances physiques et psychologiques ont en effet en commun qu'elles brisent toute envie de vivre, tant le spectre d'une fin atroce occulte tout le reste. La reconnaissance du droit à une fin digne permet alors de se concentrer sur sa vie, et non plus sur sa mort. Et, dans bien des cas, si ce n'est de se surpasser, au moins de se relancer. (Grégoire Vincke)

 

Ce courageux témoignage de Mieke Vervoort est important. Vu sa renommée elle souhaite qu'il soit entendu. Je comprends fort bien sa démarche. Personnellement, j'ai déjà, à plusieurs reprises, entendu des patients psychiatriques confier que – s’ils disposaient d’un droit à l’euthanasie en poche – cela les apaiseraient grandement et qu'ils accepteraient plus aisément leur hospitalisation et leur médication et, plus encore, qu’ainsi apaisés, ce serait avec force et courage qu’ils s'investiraient pour donner une nouvelle chance à la vie.

Qu'en dit Mieke Vervoort ?

Marieke Vervoort: «Grâce à mes papiers pour l’euthanasie, j’ai trouvé la paix »; Belga; Le Soir, mis en ligne dimanche 11 septembre 2016 : "Vervoort, qui souffre d’une maladie musculaire dégénérative, a rappelé qu’en 2008 elle avait déjà effectué toutes les démarches en vue de l’euthanasie et que cela lui donne la paix. «Je suis très impressionnée par le fait que tant de personnes veulent entendre mon histoire», a expliqué ’Wielemie’. «Des choses erronées ont été dites sur moi. Pour être claire, je ne vais pas recourir à l’euthanasie après Rio. J’arrête juste le sport de haut niveau parce que c’est trop lourd pour mon corps. Quand le moment viendra où il y aura plus de mauvais jours que de bons jours, j’aurai alors mes papiers d’euthanasie sous la main. Après les Jeux paralympiques, je vais profiter de chaque moment avec des amis et la famille».

Plusieurs journalistes lui ont fait remarquer que l’euthanasie est une question sensible dans de nombreux pays.

«L’euthanasie ne veut pas dire meurtre pour moi mais signifie repos. J’étais déjà très concernée bien avant que j’aie ces papiers. En Belgique, c’est long, difficile, pour obtenir les papiers. Vous devez passer par tout un processus. On ne trouve pas ces papiers au magasin. J’espère que mon histoire va entraîner la discussion sur l’euthanasie et que d’autres pays vont l’autoriser. Il y a actuellement des gens atteints de ma maladie, qui sont moins bien moins nantis. Je pense qu’il y aurait moins de suicides si plus de pays autorisaient l’euthanasie».

Aucune amélioration possible. «Ma maladie dégénérative progresse et il n’y a aucune chance que cela s’améliore», poursuit Marieke Vervoort. «Je vois que tout mon corps continue à se détériorer. Il y a quelques années, je pouvais encore faire de belles œuvres d’art. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Parfois, je souffre tellement que je m’évanouis.

J’ai peur de ce qui peut arriver, mais grâce à mes papiers je trouve la paix.

Pourtant, je vois que je peux toujours repousser mes limites. Donc, je ne sais pas encore quand je vais recourir à l’euthanasie.  »

Samedi prochain, Vervoort montera une dernière fois sur la piste pour le 100 m.

«Je vais rouler aussi fort que je peux. Je pense que je vais pleurer, parce que ce sera la dernière fois que je prendrai place dans mon fauteuil de course. Et quand j’arrêterai, il y aura quelque chose pour le remplacer. Je crois que je vais tenir des discours sur la motivation. Pourquoi ne les donnerais-je pas aussi en dehors de la Belgique? J’espère inspirer beaucoup de gens avec mon histoire», a conclu l’athlète en fauteuil roulant de Diest."